Expo des amis de 100 Voix!

L'une et L'autre

 
 
 
Fragments de l'imaginaire de femmes en quête d'identité.
 
“L’ Une et l’Autre” présente le travail de 17 femmes qui, dans le cadre d’ateliers initiés par l’association 100 Voix !, sont parties à la recherche d’elles-mêmes. Elles ont en commun d’avoir eu à faire à une période de leur vie à plus fort qu’elles… la maladie, la souffrance insurmontable de la disparition d’une mère, d’un père ou d’un enfant, la trahison d’un être cher, les coups de parents à la dérive, la violence conjugale, le viol, l’exil, la détention...
 
Elles en sont sorties brisées et envahies par une meute de sentiments acharnée à les dépouiller de leur singularité. La perte de la confiance en soi s’est agrégée à celle de la confiance en l’autre, la fierté a laissé la place à la honte, au désarroi et au doute les plongeant dans un état d’impuissance et de résignation. Toutes, un jour ou l’autre, ont connu la rue, non pas comme une artère  qui donne un sens aux vies mais comme une prison à ciel ouvert dont on ne s’échappe pas et d’où le cours du temps s’est à tout jamais tari.
 
La plupart des photographes présentées réside à la maison “Cœur des Femmes” qui accueille des femmes de tous âges venant de la rue. D’autres sont hébergées à la résidence Suzanne Képès qui prend en charge des femmes ayant été les victimes de violences ou au Centre d’accueil et de stabilisation de l’Olivier qui reçoit des personnes ayant passé de longues années sans domicile fixe. Ces trois structures sont gérées par l’association Aurore qui est à l’initiative de la création de 100 Voix !.
 
La réappropriation de l’image de soi est un enjeu décisif pour toute personne se trouvant en situation de grande précarité ou d’exclusion. Dans un monde où la liberté individuelle et la considération de soi sont proportionnelles à la réussite sociale, celle ou celui qui se trouve dépourvu de ressources après avoir été meurtri et abîmé par la vie, est en perte d’identité. Une perte vertigineuse au cours de laquelle son image se brouille et se désagrège pour finir par être recouverte par celle que leur renvoie la société : une image qui réduit leur identité à leur condition sociale d’assistés ou de parias, une image gangrenée par le sentiment coupable de l’échec, une image qui relègue aux oubliettes leur appartenance à la communauté humaine.